dimanche 5 juillet 2009

Tango & Clash




Pourquoi je pense au Tango ?

Surement sa jolie définition "Un état d'âme qui se danse".
J'aurai tendance à dire "Danse sans âme". Musique au tempo de sarabande, portée par une pulsion vitale. Elle tolère les soupirs, déteste les silences et célèbre bruyamment le seul concept accessible à tous : le présent.
Celui qui nous caresse dans le sens du poil, ou alors celui qui appuie là où ça fait le plus mal.

Tango... Coup de foudre ou rupture ? En place pour la danse ! Roucoulades et sérénades alternent avec plaintes et jérémiades. Il parait que l'essentiel est de s'exprimer dans les romances à l'eau de rose et les bluettes. Mouais j'y crois qu'à moitié.
Cocus, amoureux éconduits, inconsolables solitaires...
Ça geint, ça sanglote, ça pleure à grosses larmes noyées dans un mauvais vin. Complaintes, torrents d'imprécations, l'âme se vide parfois, c'est le sang qui s'échappe des veines tranchées... Paraît-il.

La vie grince, le corps saigne.

Imaginons une immense guinguette comme on en trouve sur les bords de la Seine. Une enseigne volée au grand écrivain espagnol Calberon "La vida es un sueno".

Une grande table mais un seul brancard...

Je me gueule à l'oreille que confronté à la réalité des sentiments, on peut s'échapper en rêvant sa vie. Attitude puérile noterez vous.
L'amateur de "Tango" lui, lutte contre ses démons avec ses croyances d'amour. Il se bat, mais la promesse des lendemains qui chantent reste vague, un présent qui chante partout dans les cafés sur les bords de la Loire... Peu importe que la radio soit déglinguée et que les hauts parleurs agonisent...La vraie fête est toujours suivie de la gueule de bois.

Le grand amour peut alimenter des passions dévorantes. Surement. Mais il reste illusoire. Est-ce une raison pour le bouder ?

La grande brune.

mercredi 1 juillet 2009

La coupe de mes nuits...

Le boucanier s'adonne au braconnage. Il se dégote une morue. Le veinard. Une vrai salasse !
Loin de lui inspirer de la répugnance, elle éveille son appétit.
Il se l'assaisonne malgré son régime sans sel.
Lui soulève la jupe. Mon cœur se soulève. La gerbe.
Le regard distrait, je me dissuade de l'aliénation. Me planque sous mes draps à deux cent Euros la parure.
Puis je me surprends à m'émouvoir, de le voir s'assourdir d'un morceau si gras.
Il lui coule de la bouche une huile de graissage. Lipide lubrifiant de sa libido carnassière.
Il broie. Mastique le gargantuesque repas. Ses petits doigts cachectiques arrachent des petits gloussements. Satisfaction d'une poule.
La surabondance dégourdit son outil. Mesquin phallus. Risible étriqué de l'existence.
Je ne m'économise pas devant cette aberration. Serais-je cette insane ? Admettre l'irrationnelle dégout de cette pléthore.
Le tableau me glace. Brule.
La coupe de mes rêves brise mes nuits...

La grande brune.

samedi 13 juin 2009

J'éteins.

J'éteins ma lampe de chevet. Une nuit ténébreuse s'abat tout autour de moi. Au bout de quelques instants les murs de ma chambre semblent peuplés d'ombres que je brigue.
Je dévore le plafond, sans rien discerner, que ce lustre qui me domine.
Je me demande alors, si c'est ainsi que m'apparaitra le monde lorsque je serai morte.
Puis, une fois de plus, je me pose cette éternelle question : quelle folie m'anime ?
Les premières réponses qui me viennent : le goût du risque, l'exploit... Rien ne me semble convainquant.
Il y a bien, certes l'explication freudienne. C'est la plus tentante. Symboliquement, j'explore mes gouffres retourne en rampant vers le ventre de ma mère. Je m'échappe ainsi du monde extérieur, ou alors je tente de renouer avec la source originelle de ma vie.
Cette hypothèse ne me séduit guère.
Je pense que je découvre le secret de la passion.
Elle réside dans cette sensation extraordinaire qui m'envahit aux cours de mes "traversées".
Sans m'en rendre compte je perds mon chemin à plusieurs reprises. Je m'aperçois de mon erreur qu'après avoir parcouru les heures.
Au lieu de revenir aussitôt sur mes mots, je reste là un moment, faisant jouer le rayon de ma lampe sur mes fissures.
Soudain je me prends à songer qu'il s'agit d'un monde encore inexploré. Il est possible que je sois non seulement la première à y pénétrer, mais mieux encore la seule à jamais contempler ces petits ouvrages d'âge d'or.
Un sentiment de possession jalouse m'envahit. En éclairant le chemin inconnu de ma lampe, j'éprouverai l'incomparable façon du divin orgueil d'être en vie.
Cette étrange et indescriptible beauté, n'est pas le seul attrait des profondeurs de ma nuit...
La fascination qu'elle exerce sur certains esprits tient aussi du fait qu'elle est peut-être le dernier grand espace de l'aventure individuelle.
On a tendance à croire que le temps des grands explorateurs est révolu, alors que aujourd'hui la complexité croissante de notre monde nous l'interdit, je me permets de trébucher sur l'inattendu et l'inconnu.
Quand j'éteins ma lampe, d'autres allument la leur... et ailleurs les lumières clignotent.
Au petit jour je lèverai les yeux et contemplerai le ciel, bleu et limpide.
Presque surprise d'être encore en vie.

La grande brune.

jeudi 4 juin 2009

Absente.

Je vais m'absenter durant quelques temps besoin de m'isoler pour mettre un terme à des projets en cours...
Je me prive de belles choses...
Je vous embrasse tous !!
Ne m'oublies pas Pirate de mon cœur !!!

Mon prénom est Leila.

La grande brune vous salut !

vendredi 22 mai 2009

" L "

Il dit "L" celle d'un ancien temps.
Il l'habille d'une peau qui desquame.
L est plus loin que ces ciels qui déformaient nos vies.
Dans les courants d'air muets si tu avais entendu se mouvoir tes absences. Cacophonies des saisons.
L s'endormait les bras autour des genoux.
Il a oublié L.
L s'en souvient.

Mais L lit ce qu'elle veut et L est sûrement une autre...

La grande brune.

dimanche 10 mai 2009

Arrêt sur image.

Elle s'arrête de respirer. De danser. Elle regarde, sonde une série d’images immobiles, d'un visage opaque, capsulé et funeste. Une face qui quête, elle le sait déjà, ce qu’elle ne verra jamais, ce qui ne sera jamais. Sur ce film-là, tout s’est effacé, l’image est floue, le visage est nu.

Déjà la lumière de midi qui tombe verticale, cette lumière à décapiter les contours, à laquelle ne s'opposent que les yeux solitaires des éternelles icônes de pierre.
Elle est de peinture.
S’y accoste le désir, le désir qui se fixe là est désir arrêté: Elle parle. Ne demande rien, s’arrête à sa propre éclipse.
La Béatrice, cet article perdu qui ne peut être brigué.

L'image sera oblique, filante. Elle est dans un monde à l'envers. Déjà. Un monde décentré où les courbes suivent la ligne du hasard.
Elle court d'un pont à l'autre. Dans l'absence de tout, tout se tend dans un temps immobilisé dans une histoire sans calendrier. Pas de chemin. Pas de destin. Aucun ordre. Elle est ce regard prit par la fascination qui fait de son monde un décor, une table de jeu immense. Prendre le risque de se limiter à son propre corps.

Un monde courbé, aux directions alambiquées. Mourante, malgré elle. Elle meurt se croyant sauvée. Arrêt sur image. Elle se débat dans un espace trop grand, creuse, élargit ses distances aux pas des hommes.

Un monde qui ne consacre pas ses victimes. Elles n'intéressent pas, elles effleurent... Dépouillement jusqu'à la confusion de son réel. Elle lutte. Performance fulgurante et celle-là tient tout !

Encore cette lumière qui la sépare de toute attente.

Il y a des corps perdus qui errent sur tous les ponts. Des ponts où l'on se traîne pour rien, et où seul la présence du corps promet, jusqu'à se dépouiller de toute intention.

La grande brune.

mardi 5 mai 2009

Inimitié.

Sourire saumâtre aux lèvres. Il affiche sans pâlir la mystification de l'archer.
Dans la rue du Bas. L'amphion lance ses premières notes.
Elle prend alors des postures burlesques, provoquant le rire grotesque de l'arlequin.
Étrangler cette réjouissance à grands braillements de beugleuse !
Elle s'harmonisera d'inappétence jusqu'à l'hypocondrie.
Elle blasphèmera son essence, douloureux agnelage de sa conscience.
Elle multipliera sa folie à l'infini. Terrain désertique que cette fécondité là.
Elle tire au sort son horizon...


La grande brune.